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Le Brésil et le marché mondial des pierres précieuses de couleur

2ème partie de l'article d'Aurélien REYS "Les difficultés de la filière brésilienne face à la nouvelle organisation mondiale du négoce des pierres de couleur".

Aurélien REYS - Université Paris-Diderot Sorbonne Paris Cité 75205 Paris
Article paru dans la revue franco-brésilienne de géographie CONFINS-  numéro 16 - 2012

2. La place de la filière brésilienne dans un système mondial en pleine restructuration

2.1 Un début de XXIe siècle marqué par l'intensification des échanges internationaux et l'émergence de l'Asie

Si le commerce des pierres ornementales et métaux précieux existe depuis l'émergence des premières civilisations (Hughes, 1997 ; Giuliani & al., 2000) et que le Brésil ait pu y jouer un rôle rapidement grâce à une mise en valeur de ses richesses minérales dès le XVIIIe siècle, l'intensification des échanges des matières dites précieuses connaît à présent un nouveau souffle de pair avec le récent essor des classes supérieures des pays émergents et l'ouverture progressive des frontières internationales. Cette dynamique entraine une réorganisation du négoce à l'échelle mondiale au même titre que de nombreuses autres filières d'exploitation de matières premières au sein desquelles l'irruption des pays émergents serait « en train de redessiner la géographie des productions, des échanges et des pouvoirs » (Chaléart, 2011). L'équivalent de 3,7 milliards US$ de pierres de couleur aurait été échangé dans le monde en 2010, soit le double des exportations réalisées en 2000. Les pierres de couleur taillées considérées comme précieuses (rubis, saphirs, émeraudes) représentent à elles seules la moitié de la valeur de ces échanges et sont en légère augmentation. Les exportations de pierres brutes sont par contre en légère diminution depuis dix ans et ne représentent que 10% de la valeur totale des exportations réalisées, traduisant certainement une volonté accrue des pays à organiser leur production afin que les pierres extraites soient taillées avant d'être exportées.

Si le Brésil connait une relative stagnation de ses exportations, d'autres pays, tels le Japon et le Canada, se sont progressivement effacés de la scène internationale. La Belgique, et ce bien qu'elle reste l'une des principales plaques-tournantes du commerce diamantaire, a même vu ses importations divisées par deux et ses exportations par six au cours des dix dernières années. A l'inverse, de nouveaux acteurs ont récemment émergé et de nouveaux gisements ont été mis en valeur. Principalement localisés en Afrique de l'est, ces nouveaux espaces gemmifères représentent une source de concurrence supplémentaire pour les activités extractives brésiliennes car, en plus d'être à l'origine d'un accroissement de l'offre, les pierres y sont généralement vendues à des montants bien moins élevées. Autrefois haut lieu d'extraction du saphir, Madagascar a par contre constaté une légère contraction du montant total de ses exportations officielles. Les quelques 10 586 tonnes de pierres à présent exportées, contre 1 505 tonnes auparavant, soulignent de plus qu'une plus grande quantité de pierres de moindre valeur forment dorénavant la base économique gemmifère du pays – quartz, béryls, tourmalines et topazes (Canavesio, 2010), soit des gemmes extraites aussi par le Brésil – et dont le principal partenaire n'est désormais plus la Thaïlande mais la Chine.

La Chine se présentait en 2010 comme le partenaire privilégié de nombre de pays extracteurs : le principal de Madagascar donc, mais aussi de l'Uruguay, qui y exportait la quasi totalité de ses quartz et améthystes (pour 4,8 millions US$ en valeur, soit 15 107 tonnes) et le second partenaire du Brésil (12 178 tonnes). Si les pierres les plus recherchées sont généralement de moindre qualité, les quantités importées restent néanmoins gigantesques et font du géant asiatique l'acteur émergent du début de ce troisième millénaire. Ses importations de gemmes de couleur ont en effet été multipliées par huit en dix ans et ont pour principal objet d'alimenter son marché de consommation national et sa filière de production bijoutière. D'autres pays asiatiques se sont imposés sur la scène internationale comme des intermédiaires influents tel Singapour qui a multiplié par cinq ses importations entre 2000 et 2010, et par près de quinze ses exportations qui atteignent aujourd'hui 85 millions US$. Ailleurs, d'autres pays comme la Grande-Bretagne et l'Allemagne, voire à un degré moindre l'Autriche et l'Afrique du sud, ont modestement renforcé une position continentale favorable principalement par le développement de leurs activités de commerce et de taille.

2.2 Une cartographie mondiale de la filière d'exploitation des pierres de couleur

Il peut sembler complexe de procéder à une comparaison de l'importance prise par chaque pays dans la chaine productive tant leurs rôles sont divers et difficilement quantifiables. Plusieurs activités participent à la construction de ce secteur et chacune d'entre elles génère des flux financiers très différents. La valeur du flux entrant ou sortant le plus important peut permettre cependant d'apprécier à la fois le volume de pierres passant par un territoire au cours d'une année ainsi que sa position dans la filière mondiale (en amont si les exportations sont bien plus importantes que les importations, en aval dans le cas contraire).


Tableau 1 – Les activités des principaux acteurs nationaux dans la filière en 2010

Source : UNComTrade (2012). Notes : * L'Uruguay n'ayant pas communiqué ses chiffres en 2010 et ceux de l'Afrique du sud étant erronés, les données de 2008 ont été utilisées pour ces deux pays (2009 ayant été une année un peu particulière marquée par un important ralentissement des échanges internationaux).

Ces premiers résultats, qui prennent en compte près de 99% des échanges de pierres de couleur en 2010, permettent de caractériser l'acteur brésilien comme un pays extracteur. La méthodologie adoptée masque toutefois le fait que certains pays consommateurs ou intermédiaires participent aussi à l'extraction de pierres, comme les États-Unis ou l'Australie par exemple, ou omet complètement la prise en compte d'une activité pourtant importante dans la filière par la valeur ajoutée qu'elle permet de produire, celle de la transformation, soit la taille des pierres. Pour estimer le volume de pierres taillées par pays, on retiendra pour les pays reconnus comme des extracteurs la quantité de pierres exportées taillées (divisée par cinq pour en obtenir la valeur à l'état brut), alors que pour les non-extracteurs on privilégiera une soustraction de la valeur des pierres brutes exportées à celle des pierres brutes importées.


 

Tableau 2 - Les principaux tailleurs de pierres de couleur en 2010

Source : UNComTrade (2012). Note : * Pays pour lequel les résultats offerts par le modèle ne sont pas fiables à cause de sa participation importante à plusieurs types d'activités.

Si ce n'est qu'une estimation, une telle approche permet néanmoins de se faire une première idée sur le sujet. Avec plus de 100 millions de US$ de pierres brutes taillées en 2010, l'Inde se présente comme l'atelier de transformation du monde et est suivi par la Chine avec 57 millions de US$ de pierres brutes taillées. S'ils peuvent être rapprochés de par leur rôle similaire dans la filière, ces deux pays peuvent aussi être observés sous l'angle de leurs différences : l'Inde est un acteur ancien et le principal centre mondial de taille de diamants alors que la Chine est un acteur relativement récent dans le négoce des gemmes et ne participe que très peu au commerce des diamants. De plus, les deux pays adoptent également des stratégies d'approvisionnements très différentes. L'Inde est le principal partenaire de la plupart des pays d'Afrique de l'est (Tanzanie, Zambie, mais aussi Kenya et Éthiopie) tandis que la Chine est celui de Madagascar et de pays sud-américains et privilégie l'importation de pierres de faible valeur, suggérant que le nombre de pierres qui y est taillé est peut-être supérieur à celui de l'Inde malgré une valeur ajoutée totale inférieure.

Parmi les dix plus engagés dans des activités de transformation, les seuls pays extracteurs à y figurer sont ceux qui sont engagés dans la filière depuis au moins plusieurs décennies tels : le Sri Lanka, qui de plus possède une main d'œuvre bien formée et bon marché ; la Colombie, qui extrait la grande majorité des émeraudes mondiales de bonne qualité et donc réussit à tirer profit de cette situation de quasi monopole ; et, à un degré moindre, le Brésil pour qui, à la différence des deux autres pays cités, les pierres taillées ne représentent pas la majorité des pierres exportées. On peut également noter qu'Israël (également impliqué à grande échelle dans le commerce de diamant) et l'Autriche sont relativement bien engagés dans les activités de taille en comparaison de leur puissance démographique, et que l'Allemagne s'impose comme le pays tirant le meilleur parti de ce type d'activité en Europe. L'ensemble de ces éléments permet de représenter une cartographie présentant le poids et le rôle de chaque pays dans la filière des pierres de couleur à l'échelle mondiale et d'identifier certaines logiques géographiques.

Carte 3 - La filière mondiale des pierres de couleur en 2010- Source : UNComTrade (2012).

La majorité des pays extracteurs appartiennent, tout comme le Brésil, à l'hémisphère sud alors que les principaux centres de consommation sont principalement localisés dans l'hémisphère opposé. L'Amérique du nord et l'Europe semblent présenter plus ou moins des caractéristiques identiques, à savoir principalement celui de pôle de consommation participant au commerce des pierres, et dans une moindre mesure à leur transformation, alors que le profil asiatique est quant à lui beaucoup plus complexe avec une division des tâches plus marquée. On y trouve l'ensemble des activités représentées, celles de pays consommateurs (Chine, Japon), ainsi qu'un grand nombre des principaux acteurs spécialisés dans des activités d'extraction (Myanmar, Sri Lanka), de transformation (Inde, Chine, Sri Lanka) et de commerce (Hong-Kong, Thaïlande, Singapour).

Cette cartographie permet également de mettre en valeur plusieurs facteurs déterminants dans le fonctionnement de cette filière. Il peut notamment être observé que la proximité avec les centres de consommation et touristique est propice à l'implantation d'activités de commerce. C'est ainsi que l'Espagne, le Mexique, à l'image de lieux comme Orlando ou Las Vegas aux États-Unis (Brunet, 2003), se présentent comme d'importants centres de consommation pour lesquels les consommateurs sont principalement les visiteurs et non les populations locales. Elle permet aussi de constater l'importance des processus socio-historiques dans les trajectoires entreprises par les acteurs territoriaux. Ainsi, certains lieux continuent de jouer un rôle de la filière malgré le fait qu'ils n'aient plus ou peu de ressources à disposition, tels l'Inde et l'Allemagne, représentant dès lors de parfaits témoignages de ressources spécifiques ayant pris le pas sur les ressources génériques (Gumuchian & Pecqueur, 2007). Ils ont réussi à utiliser un socle pré-existant de ressources primaires pour diversifier leurs activités, qu'ils ont su par la suite pérenniser notamment grâce à l'aide d'un réseau d'acteurs étrangers descendants d'immigrés avec qui ils partagent des origines géographiques communes qui leur permettent par ce biais d'entretenir des rapports commerciaux privilégiés avec des territoires d'extraction (Allemands au Brésil et Indiens en Afrique de l'est). Le même phénomène a probablement soutenu le développement de ce type d'activité en Israël qui a certainement mis à profit les relations particulières entretenues avec les États-Unis où sont installées d'importantes populations de confession juive.

2.3 Une filière multipolarisée et des pays extracteurs dominés

L'analyse de l'ensemble des données de l'UNComTrade depuis la fin des années 1980 permet d'observer que certainement, pendant longtemps, les pays riches de l'hémisphère nord (États-Unis, Europe et Japon) ont outrageusement dominé un marché où seuls la Thaïlande, Hong-Kong et à un degré moindre l'Inde, prenaient part au commerce de manière équitable. Au cours des années 1990, les premiers signes d'un changement de la donne entrevus se sont confirmés au cours de la décennie suivante. Tandis que les marchés européen, étasunien et japonais se sont stabilisés, les acteurs asiatiques ont émergé avec vigueur sur la scène internationale participant ainsi à multipolariser le commerce des gemmes de couleur. En ayant réussi à mettre à profit sa proximité géographique avec un géant chinois grand consommateur de pierres (Wong, Cheung & Lau, 1999), Hong-Kong pourrait bien même avoir détrôné depuis peu les États-Unis comme principale place commerciale des exportations mondiales de pierres de couleur puisque depuis 2010 les volumes de pierres exportées en direction d'Amérique du nord étaient alors plus importants que ceux réalisant le chemin inverse. De plus, aux dires des acteurs rencontrés, la foire internationale des pierres précieuses de Hong-Kong concurrencerait même à présent celle de Tucson (États-Unis) pourtant considérée depuis des décennies comme la plus importante.

Carte 4 – Les principaux flux de pierres de couleur en 2010 - Source : UNComTrade (2012).

Dans cette restructuration du marché mondial des pierres de couleur, la plupart des pays extracteurs continuent néanmoins de présenter un profil de dominés et semblent toujours peiner à exister en dehors de leurs activités extractives. Bien que par certains aspects, le commerce des pierres de couleur prenne une forme multipolaire, il existe donc toujours une forme de hiérarchisation avec des dominations régionales composées de pays extracteurs asiatiques et africains ouverts sur l'océan indien dominés par les grandes puissances asiatiques, et des pays sud-américains dominés historiquement par les États-Unis mais dont certains d'entre-eux, dont le Brésil, subiraient de plus en plus l'influence de l'acteur chinois. Un pays prend une posture de dominé de par sa situation tout en amont de la filière qui lui fait perdre une partie conséquente de la plus-value réalisée avec les pierres extraites de son sous-sol, alors que les pays considérés comme dominants sont ceux qui au contraire réussissent à agréger de la valeur à des pierres sans même participer à leur extraction. Néanmoins, même si les exportations se mondialisent de plus en plus, avec des gagnants et des perdants, la proximité géographique tient toujours un rôle important dans la structuration des échanges. Ainsi, les principaux partenaires de Hong-Kong et la Thaïlande resteraient des pays asiatiques et le même phénomène est également constaté en Europe.

Une autre approche que celle des flux pour évaluer à qui profite le négoce peut être celle de l'évaluation des bénéfices réalisés grâce à l'ensemble des activités d'un pays engagées dans la filière. Cependant, l'identification des bénéfices réalisés dans le cadre du commerce international ne représente pas une approche infaillible pour définir à qui le secteur profite le plus car elle exclut notamment des principaux bénéficiaires les pays participant aux activités de transformation qui ne réexportent pas leur production à l'étranger ou qui intègrent les pierres dans l'industrie joaillière. Elle représente malgré tout une bonne méthode pour identifier les principaux bénéficiaires parmi les pays non-consommateurs.


Tableau 3 - Les principaux bénéficiaires du commerce des pierres de couleur en 2010 - Source : UNComTrade (2012).

Les pays participant uniquement aux activités d'extraction, et notamment ceux originaires d'Afrique de l'est, seraient largement exclus du grand partage des richesses issues de l'exploitation des pierres de couleur : ils réaliseraient d'après les chiffres de l'UNComTrade au mieux près de dix fois moins de bénéfices que les principaux bénéficiaires des échanges internationaux identifiés comme ceux participant aux activités de transformation et de commercialisation. Pour les mêmes raisons que la Colombie et le Sri Lanka mais à degré moindre, le Brésil s'en sortirait un peu mieux grâce aux activités de taille qui représentent un important vecteur d'agrégation de valeur.

Les deux principaux bénéficiaires de la filière sont ici présentés comme étant Hong-Kong et la Thaïlande même s'il est important de noter qu'une part conséquente des pierres exportées aurait pour origine le Myanmar et que ces dernières n'apparaissent généralement pas dans leurs importations. L'isolement politique du Myanmar l'empêchant d'accéder directement aux marchés occidentaux, ses pierres passent donc par des circuits informels qui participent très probablement à surévaluer les bénéfices réalisés par ses voisins. D'ailleurs, pour la première fois, des chiffres concernant les exportations du pays asiatique ont été communiqués au cours de l'année 2012 par l'UNComTrade et faisaient état de 1 864 millions US$ de pierres exportées pour l'année 2010. Cette soudaine divulgation doit être cependant prise avec précaution, surtout que ces chiffres ne sont pas toujours forcément confirmés par les pays destinataires et c'est pourquoi ils n'ont pas été utilisés pour cette étude. Cependant, si cet ordre de grandeur se confirmait, il ferait sans aucun doute du Myanmar une pièce importante du système asiatique et de sa domination et ce bien qu'une seule pierre soit principalement à l'origine de cette richesse, le rubis, mais qui se trouve être la plus précieuse des gemmes de couleur.

Conclusion

Les filières des pierres de couleur, à l'image du schéma offert par la plupart des ressources naturelles, ont longtemps constitué un négoce plutôt dominé par les principales puissances occidentales. Ses récentes évolutions témoignent d'une nouvelle organisation sectorielle et géographique des activités qui aurait déjà placé certains pays asiatiques au sommet d'une hiérarchie mondiale marquée notamment par l'arrivée en force de l'acteur chinois et de son implication dans les activités de transformation. Néanmoins, dans cette nouvelle configuration caractérisée par davantage de multipolarité, les pays extracteurs, notamment ceux originaires du continent africain, continueraient toutefois à jouer le rôle d'acteurs dominés et peineraient toujours autant à exister en dehors de leurs activités d'extraction. Ces évolutions, particulièrement marquées par l'arrivée de nouveaux acteurs, n'ont semble-t-il pas profité au Brésil qui fait face depuis quelques années à une stagnation de ses exportations dont, bien qu'il réussisse à tailler une partie des pierres extraites, les pierres à l'état brut en constituent toujours la plus grande part.

Si des causes endogènes peuvent être avancées pour expliquer cette situation, elles sont certainement d'autant plus attisées par un contexte international qui est moins favorable au pays sud-américain qu'il a pu l'être jusqu'alors. Le Brésil doit en effet désormais faire face à de nouvelles sources de concurrence, tant pour ses activités d'extraction (Afrique de l'est) que celles de taille ou de commerce (Chine). Les nouveaux gisements mis à jour en Afrique feraient croître une offre et à des prix plus compétitifs et la prédominance de l'Inde ou de la Chine dans les activités de taille ne laisse que des très faibles perspectives quant au développement de ce secteur au Brésil. Sur le terrain, ces évolutions se traduisent par un récent net recul des activités informelles et plus particulièrement celles de courtage dont les protagonistes doivent désormais faire face à des acteurs chinois de plus en plus présents sur le terrain. Ils s'affranchiraient des services des intermédiaires brésiliens en traitant directement avec les mineurs et obtiendraient, par la quantité des volumes achetés, des prix particulièrement avantageux. En plus de se présenter comme une réelle source de concurrence pour les activités de taille, l'acteur chinois le serait donc aussi pour les petits acteurs locaux du commerce.

Toutefois, l'émergence de nouveaux géants économiques et l'accès d'un grand nombre d'habitants à un certain niveau de vie laissent entrevoir une croissance positive du secteur sur le long terme. Le commerce des gemmes est un négoce très particulier où le facteur confiance peut permettre à des espaces où la main d'œuvre est pourtant plus chère, tels Hong-Kong ou l'Allemagne, d'exister. La trajectoire future de la filière brésilienne à l'échelle mondiale dépendra alors certainement de son aptitude à coordonner ses activités à une échelle plus large, ce qui ne sera probablement possible que par la mise en place d'un cadre institutionnel fiable qui permettra de renforcer un climat de confiance entre les différents acteurs. Son avenir dépendra aussi assurément de sa capacité à capter une nouvelle demande d'origine nationale portée par l'émergence de ses nouvelles classes moyennes. Les acteurs locaux du développement en ont pris la pleine mesure et essaient de diriger à présent leurs politiques vers le développement de filières bijoutières, un scénario au sein duquel les petites structures productives pourraient de plus réussir à tirer leur épingle du jeu. Dans cette configuration, il est probable qu'il sera de moins en moins facile de distinguer une étude des pierres de couleur de celle de la bijouterie. Bien qu'il inclut de nombreux autres matériaux précieux complexifiant les approches, le bijou constitue bien souvent la finalité d'une ressource dont les activités de conception connaissent un processus d'intégration puisqu'un des principaux enjeux pour les structures économiques reste la maitrise de la totalité d'une filière, notamment par le biais d'échanges privilégiés avec des acteurs choisis, afin de se protéger au mieux des aléas du marché.
 
Voici une carte dynamique vous permettant de visualiser les gisements produisant actuellement les principales pierres précieuses. Cette carte dynamique fonctionne en Flash Player et a été réalisée par Aurélien Reys.